Vincent GuenziL’année 2025 s’est relativement bien terminée pour les marchés financiers, malgré une montée des craintes liées à l’IA au quatrième trimestre. Le début de l’année 2026 reste marqué par la persistance de ces inquiétudes. Cependant, l’économie mondiale fait preuve de résistance. L’activité américaine est en voie d’accélération et l’inflation poursuit son recul. La nomination de Kevin Warsh, perçu comme attaché à la stabilité des prix, a renforcé la crédibilité de la Fed, tout en ouvrant la voie à de nouvelles baisses des taux. Les résultats d’entreprise restant solides, c’est un scénario optimal qui reste en place. De son côté, la BCE conserve une approche pragmatique et pourrait venir en soutien d’une économie européenne dont l’atonie semble s’atténuer.
Le contexte géopolitique reste dense. L’année a commencé par une opération surprise au Venezuela, aboutissant à la capture de Nicolás Maduro. Ce début d’année a également été marqué par une montée des tensions autour du Groenland, dont la menace d’annexion a brièvement ravivé le risque de guerre commerciale entre États-Unis et Europe avant qu’un accord à Davos n’écarte cette menace. Parallèlement, la situation en Iran s’est fortement dégradée, avec une répression sanglante des manifestations, des menaces de représailles américaines et le repositionnement d’une partie de la flotte US dans le Golfe persique. De nouveaux pourparlers laissent espérer une désescalade, Donald Trump disant privilégier la voie diplomatique, mais une quelconque intervention pourrait déstabiliser le Moyen-Orient et provoquer une nouvelle hausse du cours du pétrole, déjà soutenu par une prime de risque liée à une éventuelle dégradation de la situation.
Sur les marchés actions, la volatilité de certains titres a fortement augmenté, sans retournement baissier des indices. En particulier, la technologie américaine reste fragile, les investisseurs exigeant désormais une bonne visibilité sur la rentabilité future des investissements dans l’IA. Toutefois, la performance des bourses s’élargit aux secteurs traditionnels, ce qui favorise l’Europe, moins exposée aux valeurs technologiques. Dans ce contexte, les perspectives des marchés actions paraissent incertaines à moyen et long terme, en raison de valorisations élevées aux États-Unis et d’un engouement extrême pour le thème de l’IA, ce qui justifie une certaine prudence. Leur tendance haussière n’est toutefois pas remise en cause, mais elle pourrait s’accompagner d’une persistance de la volatilité et de replis de l’ordre de 3 à 5 %. Il convient donc de profiter de ces éventuelles corrections pour se renforcer.
Nous maintenons une opinion légèrement Surpondérer à court terme et conservons une note Surpondérer à moyen terme, sur les actions américaines, européennes, asiatiques et sud-américaines. La période actuelle reste propice à un rattrapage des actions européennes. Les produits de taux semblent moins porteurs que les actions. Notre position reste neutre, en privilégiant le crédit européen et le haut rendement.
La volatilité des marchés boursiers peut évoluer très rapidement à court terme et ces mouvements sont difficiles à appréhender. Les investisseurs doivent adapter en permanence leur portefeuille d’actions et d’obligations, en fonction de leur aversion au risque et de la durée de leurs investissements. Nos gérants sont à votre disposition pour vous aider dans cette réflexion.