La Fed a maintenu ses taux directeurs inchangés, comme anticipé, malgré deux votes en faveur d’une nouvelle baisse. Jerome Powell a insisté sur la solidité de la croissance américaine et sur la réduction des tensions entre les objectifs d’inflation et d’emploi, ce qui plaide pour des taux proches d’un niveau « neutre ». La banque centrale se montre ainsi moins accommodante que ne l’escomptaient les marchés, provoquant une remontée des rendements américains et interrompant le recul du dollar. Kevin Warsh a été désigné par la Maison Blanche pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed. Son profil est jugé crédible pour diriger la banque centrale. Il est historiquement très attaché à la lutte contre l’inflation, opposé au QE et favorable à une réduction du bilan de la Fed. La réaction des marchés a donc été plutôt favorable à la suite de cette annonce, et les métaux précieux ont fortement corrigé, après avoir toutefois connu une hausse exponentielle ces derniers jours. La semaine a également été marquée par la poursuite de la sous‑performance des valeurs technologiques américaines, notamment à la suite de la publication de Microsoft. Les revenus liés à l’IA sont ressortis en ligne, voire légèrement en deçà des attentes du marché. Cela ne remet pas en cause la trajectoire de croissance du groupe, mais montre que, pour l’instant, l’IA ne génère pas suffisamment de surprise positive par rapport aux anticipations déjà très élevées intégrées dans les cours. À l’inverse, Meta a publié des chiffres qui ont rassuré sur la rentabilité de ses investissements massifs dans l’IA. Cela illustre le fait que le marché devient beaucoup plus exigeant sur la rentabilité des CAPEX liés à l’IA. En d’autres termes, les investisseurs n’acceptent la hausse des investissements dans l'IA que s’ils commencent déjà à porter leurs fruits, ou si l’on dispose d’éléments tangibles laissant penser qu’ils en porteront très prochainement. Dans l’actualité également, nous reparlons cette semaine de « shutdown », les États‑Unis étant de nouveau entrés en paralysie budgétaire samedi. Pour l’instant, ses effets restent limités, et l’accord conclu jeudi entre Donald Trump et les sénateurs démocrates laisse entrevoir une sortie de crise relativement rapide. Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, s’est d’ailleurs déclaré dimanche « confiant » dans sa capacité à faire adopter, d’ici mardi, un texte mettant fin à cette paralysie budgétaire, liée au débat sur les méthodes de la police de l’immigration à Minneapolis. L’OPEP+ a décidé dimanche de maintenir sa production pétrolière inchangée. Dans un contexte de montée des tensions autour de l’Iran, le groupe souhaite conserver une marge de manœuvre en fonction de l’évolution de la situation. Le pétrole reflue néanmoins ce lundi après les propos de Donald Trump en faveur d’un accord avec les autorités iraniennes pour éviter une crise. Sur la semaine, le S&P 500 termine en légère hausse, à +0,34 %, tout comme le STOXX Europe 600, qui progresse de +0,44 %.