Au mois de janvier, les performances des Bourses mondiales exprimées en euro ont été assez positives à l’exception de celles des actions américaines, qui peinent à retrouver leur première place, toujours impactées par les doutes sur le thème de l’intelligence artificielle (IA). Les bourses émergentes et japonaises ont été les plus performantes, gagnant respectivement 7.4 % et 5.2 %. Sur les marchés obligataires, une baisse des taux assez limitée a été observée dans le monde, à l’exception des Etats-Unis. En ce début d’année, l’économie mondiale reste résiliente, et même soutenue aux Etats-Unis. L’environnement géopolitique est resté particulièrement chargé, entre tensions autour du Groenland et risque d’escalade entre l’Iran et les Etats-Unis. En fin de mois, une accalmie a été toutefois observée. Ces tensions ont entretenu une volatilité persistante sur les marchés, avec des secousses parfois violentes. Dans l’ensemble, le marché a plutôt bien tenu, mais certains secteurs, notamment la technologie américaine, affichent des comportements plus mitigés. Les investisseurs se montrent de plus en plus exigeants quant à la rentabilité des investissements dans l’IA. De plus, des débouclements de positions spéculatives ont été observés sur les matières premières et les métaux précieux, à l’image de l’or qui a connu de fortes variations, notamment après la désignation du prochain président de la Fed, Kevin Warsh. Dans ce contexte, les perspectives des marchés actions restent incertaines à moyen/long terme du fait des valorisations élevées aux Etats-Unis et de l’engouement extrême sur le thème de l’IA, justifiant la prudence dont nous faisions état le mois dernier. Toutefois, la correction actuelle parait logique et s’inscrit dans le cadre classique d’un marché haussier où des replis de 3 à 5% des indices sont habituels. L’environnement économique et monétaire global reste favorable. Un apaisement des tensions géopolitiques serait bénéfique. Enfin, les produits de taux semblent moins porteurs que les actions. Nous avons légèrement relevé nos prévisions sur les indices et compte tenu de leurs niveaux actuels, le potentiel de hausse de ceux-ci s’est accru, à environ 3% à fin juin et à 5 % à décembre 2026. Il conviendra donc de continuer à mettre à profit les phases de doute pour se renforcer en maximisant le couple rentabilité/risque. C’est sans doute le cas à plus court terme, le repli actuel offrant une petite opportunité, notamment pour les portefeuilles insuffisamment investis en actions. Nous maintenons une opinion légèrement Surpondérer à court terme et conservons une note Surpondérer à moyen terme, sur les actions américaines, européennes, asiatiques et sud-américaines. Le contexte actuel reste propice au rattrapage des actions européennes. Sur les produits de taux, nous gardons une note Neutre à court et moyen terme. Le crédit européen reste à Surpondérer à moyen terme ainsi qu’à court terme pour les obligations à haut rendement.
Au mois de janvier, les performances des Bourses mondiales exprimées en euro ont été assez positives à l’exception de celles des actions américaines. Les bourses émergentes et japonaises ont été les plus performantes. Les inquiétudes concernant l’IA ont continué de peser sur les indices américains. Wall Street a conclu le mois en petite hausse en devise locale mais en baisse en euro compte tenu du repli du dollar. Sur les marchés obligataires, une baisse des taux assez limitée a été observée dans le monde, à l’exception des Etats-Unis.
En ce début d’année, l’économie mondiale reste résiliente. Le FMI prévoit une croissance de 3,3 % en 2026 et 3,2 % en 2027, des prévisions légèrement revues à la hausse grâce aux investissements dans la technologie, au soutien budgétaire et monétaire et à des conditions financières encore porteuses. Ces effets contrebalancent les effets défavorables des politiques commerciales. L’inflation globale devrait continuer de reculer, même si elle ne reviendra que progressivement vers la cible aux États-Unis. La croissance américaine du 4ème trimestre devrait rester très soutenue. Le modèle GDPNow de la Fed d’Atlanta projette désormais une croissance du PIB réel américain de 5,4 % au T4 2025, contre 2,7 % précédemment, soit une révision très forte en peu de temps. Cette amélioration tient à une consommation des ménages plus vigoureuse et à un retournement marqué de la contribution du commerce extérieur. Combinés au recul de l’inflation et à la hausse de la production, ces éléments soulignent la résilience de l’économie américaine, qui pourrait être encore renforcée à moyen terme par une baisse d’impôts de grande ampleur, une possible expansion du bilan de la Fed et de nouvelles réductions de taux. Le marché du travail envoi des signaux contradictoires, le chômage restant à un niveau faible, à 4.4 %, mais les créations d’emploi sont assez faibles. Certaines données d’emploi sont cependant altérées par la politique migratoire de Donald Trump, qui agit sur l’offre, en réduisant le nombre de travailleurs immigrés disponibles. On observe également une dégradation de la confiance des ménages, notamment sur les perspectives d’emploi.
En zone euro, la croissance demeure modérée mais confirme sa résilience dans un environnement toujours compliqué. La croissance du PIB pour le 4ème trimestre 2025 ressort à +0.3 %, soit +1.3 % annualisé. L’inflation est revenue autour de 2 %, voire légèrement en dessous, ce qui limite la pression à la hausse sur les taux. En France, le climat de marché s’améliore à la faveur de la normalisation du risque politique et budgétaire. Le spread OAT/Bund s’est nettement détendu, passant sous le spread italien et se rapprochant des niveaux d’avant la dissolution de l’Assemblée nationale. Le marché a été rassuré sur le risque politique et budgétaire français après l’adoption du budget 2026 via le 49.3 et le rejet des motions de censure. Cela offre un peu plus de visibilité, mais ne s’accompagne pas d’une amélioration de fond dans la gestion des finances publiques, avec un risque qui continue de croître au fil du temps.
Lors de sa réunion de janvier la Fed a maintenu ses taux directeurs inchangés, malgré deux votes en faveur d’une nouvelle baisse. Elle met en avant une croissance toujours solide et une tension moindre entre les objectifs d’inflation et d’emploi. Donald Trump continue de mettre la pression sur la Fed et sur son président Jerome Powell. Par ailleurs, il a annoncé en fin de mois la nomination de Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à la fin de son mandat en mai. Le profil du prochain président, très attaché à la lutte contre l’inflation, opposé au Quantitative Easing et favorable à une réduction du bilan, est perçu comme un gage de crédibilité. La Fed se trouve ainsi recentrée sur un mandat de stabilité des prix plus strict. Ceci a rassuré les investisseurs, entraînant un retour de la confiance sur le dollar, l’arrêt de la remontée des taux américains et une correction marquée des métaux précieux. Cependant, Warsh est pragmatique et pourrait avoir donné des garanties à Trump pour soutenir une baisse des taux en cette année d’élections de mi-mandat. Il a également adopté une vision selon laquelle l’IA est désinflationniste, donc compatible avec une baisse des taux.
Au Japon, le 30 ans JGB a bondit de +39 points de base en une séance, le 20 janvier, sur fond de discours prudent de la BoJ et de dépréciation continue du yen depuis plusieurs mois. Le lendemain, la menace d’intervention de la banque centrale via une technique destinée à tester la réaction de marché et à lui signaler qu’un niveau de change est jugé problématique a provoqué un fort rebond du yen, le débouclage de positions spéculatives et limité la contagion aux autres courbes souveraines.
En Europe, la BCE maintient un statu quo pragmatique, dans un environnement où la croissance reste modeste mais positive et l’inflation repasse sous 2 %, tandis que les rendements souverains, notamment en France, se détendent.
L’environnement géopolitique demeure chargé et incertain. L’année 2026 s’est ouverte sur le retour de l’interventionnisme américain, avec une opération éclair au Venezuela visant notamment la capture de Nicolás Maduro et la préparation d’une transition de régime. Au‑delà de l’affichage politique, cette intervention illustre le retour à la « doctrine Monroe » et vise à offrir aux compagnies américaines un accès privilégié aux importantes réserves de pétrole du pays. Pourtant, l’impact immédiat sur les marchés est resté limité, ces derniers ayant sans doute anticipé une action imminente et tenant compte du fait que le Venezuela ne représente qu’environ 1 % de la demande mondiale de brut, avec une production durablement dégradée. Les tensions autour du Groenland ont également atteint un pic au cours du mois, avant de se détendre. La militarisation progressive du territoire, présenté comme stratégique dans la compétition avec la Russie et la Chine, a conduit plusieurs pays européens, dont la France, à y envoyer des troupes afin de dissuader toute initiative américaine. Cette fermeté a toutefois ravivé le risque de guerre commerciale, Donald Trump menaçant d’appliquer des droits de douane additionnels aux pays concernés. Un accord annoncé lors du Forum de Davos, aux contours encore flous, a finalement permis de lever les menaces tarifaires américaines et de dissiper les mesures de rétorsion envisagées par l’Union européenne, ce qui a réduit l’incertitude. Dans le même temps, les tensions en Iran se sont accrues, alors que des manifestations dans le pays ont été réprimées dans le sang. Plusieurs dizaines de milliers de personnes auraient perdu la vie, ce qui a suscité des menaces de représailles de la part des États‑Unis. Donald Trump aurait finalement renoncé à frapper l’Iran, après que ses alliés dans la région, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, l’ont convaincu de ne pas passer à l’action. Mais les tensions ont perduré, notamment après qu’une partie de la flotte américaine, qualifiée d’« armada » par Donald Trump, s’est repositionnée dans le Golfe Persique, faisant craindre une frappe sur l’Iran ou un blocus. Malgré cette perception d’escalade, les négociateurs des deux côtés ont annoncé de nouveaux pourparlers qui se poursuivent à ce jour, mais qui s’annoncent toutefois complexes au regard des exigences propres à chaque partie.
Ces différentes tensions ont alimenté une volatilité persistante sur les marchés, en particulier sur les matières premières.
Le pétrole a nettement progressé sur le mois, rebondissant d’environ 16 % pour repasser au-dessus de 70 dollars le baril, porté par la rhétorique plus agressive de Washington vis-à-vis de l’Iran et par l’incertitude géopolitique dans plusieurs régions productrices. L’OPEP+ a choisi de maintenir sa production inchangée, ce qui laisse au cartel une marge de manœuvre en fonction de l’évolution des tensions. Le marché pétrolier demeure toutefois relativement discipliné, la hausse des prix reflétant davantage une prime de risque géopolitique qu’un déséquilibre structurel et durable de l’offre.
Les métaux précieux ont connu des mouvements encore plus marqués. L’or, soutenu par l’incertitude géopolitique et la dépréciation initiale du dollar, a d’abord progressé jusqu’au 29 janvier, avant de corriger brutalement. Si cette correction peut s’expliquer par des éléments techniques (positions acheteuses extrêmes notamment), la nomination de Kevin Warsh le 30 janvier a initié et probablement amplifié ce mouvement, car elle rassure quant à l’indépendance de la Fed. Depuis, la relative accalmie géopolitique a également constitué un facteur de pression supplémentaire à la baisse. Après ce repli, l’or affiche tout de même une progression de 14 % sur le mois. La correction a été d’autant plus forte que les prix avaient connu, en amont, une hausse presque exponentielle. On retrouve ainsi une relation classique entre géopolitique, politique monétaire et matières premières : la montée des tensions et la faiblesse du dollar favorisent l’or et, dans une moindre mesure, le pétrole, tandis que le retour à un cadre monétaire jugé crédible et un léger renforcement des rendements réels pèsent sur les métaux précieux.
Dans cet environnement, la volatilité est remontée également sur les marchés actions, les secousses ont été parfois violentes pour certains secteurs et valeurs, mais globalement les marchés n’ont pas basculé dans une tendance baissière pour le moment. Le marché américain semble toutefois se fragiliser, ayant perdu le soutien de nombreuses valeurs technologiques qui continuent de sous-performer. Les dernières publications d’entreprises du secteur ont mis en évidence un marché désormais beaucoup plus exigeant sur la rentabilité des investissement liés à l’IA. Un niveau élevé de ceux-ci n’est accepté que si des preuves concrètes de monétisation existent déjà ou si des éléments tangibles permettent d’anticiper une rentabilité rapide. Cette exigence déstabilise les actions de ce secteur, malgré des publications de résultat plutôt positives, ce qui peut continuer à peser sur les actions américaines à court terme. Heureusement, on observe un élargissement de la hausse aux autres secteurs plus traditionnels, qui prennent progressivement le relais de la performance boursière aux États-Unis. La « vieille économie » est ainsi à l’honneur sur les bourses depuis le début de l’année, ce qui contribue à expliquer la forte surperformance des indices européens, où les valeurs IA et technologiques sont peu représentées par rapport à de nombreux secteurs traditionnels comme les banques, l’assurance, industrie, les télécoms, les services publics, l’énergie ou encore les produits de base. La structure des flux accentue aussi la volatilité des marchés actions. Les investisseurs américains disposent aujourd’hui de très peu de liquidités au regard de la taille du marché actions, par rapport aux normes historiques, ce qui limite leurs capacités d’intervention lors des replis. Le marché dépend ainsi davantage des flux marginaux, des investisseurs étrangers, d’arbitrages globaux, ou encore de mouvements de change, en particulier autour du dollar et du yen. Les décisions politiques, les tensions géopolitiques et les variations de devises ont donc un impact accru sur les indices.
Les valorisations restent enfin un point clé d’analyse. Les multiples de bénéfices à douze mois (PE forward) demeurent élevés, surtout aux États‑Unis, même si le marché n’a pas retrouvé son pic. Dans cet environnement, les actions apparaissent toujours vulnérables à toute déception, qu’elle soit macroéconomique, microéconomique ou géopolitique. Toutefois, dans ce pays les valorisations du secteur technologique se sont légèrement dégonflées sur le mois. En Europe, elles ont légèrement progressé globalement. L’écart de P/E avec les États‑Unis s’est réduit mais il reste significatif. Il alimente des flux de réallocation au profit de la zone euro, surtout dans les phases de faiblesse du dollar et de craintes persistantes autour de l’IA. Les risques mis en avant par le FMI, réévaluation des attentes dans le secteur de la technologie, escalade géopolitique, incertitudes commerciales, rappellent que les niveaux actuels de valorisation exigent une exécution solide en matière de résultats et de croissance bénéficiaire. La performance future dépendra moins des récits des entreprises que de leur capacité à délivrer les profits annoncés, en particulier dans les segments les plus exposés aux «cycles à la mode », comme l’IA.
Dans ce contexte, les perspectives des marchés actions restent incertaines à moyen/long terme du fait des valorisations élevées aux Etats-Unis et de l’engouement extrême sur le thème de l’IA, justifiant la prudence dont nous faisions état le mois dernier. Toutefois, la correction actuelle parait logique et s’inscrit dans le cadre classique d’un marché haussier où des replis de 3 à 5% des indices sont habituels. Mais il faut garder à l’esprit que la bulle peut recommencer à se gonfler, amplifiant la performance au prix d’une volatilité accrue. Il est fort possible que les marchés actions connaissent une hausse plus forte que nous ne le prévoyons au cours du premier semestre, avant de connaître une correction et de revenir à l’équilibre.
Nous avons légèrement relevé nos prévisions sur les indices et compte tenu de leurs niveaux actuels, le potentiel de hausse de ceux-ci s’est accru, à environ 3% à fin juin et à 5 % à décembre 2026. Il conviendra donc de continuer à mettre à profit les phases de doute pour se renforcer en maximisant le couple rentabilité/risque.
C’est sans doute le cas à plus court terme, le repli actuel offrant une petite opportunité, notamment pour les portefeuilles insuffisamment investis en actions.
Le contexte n’a pas changé. L’environnement global économique et monétaire n’est pas défavorable. Un apaisement des tensions géopolitiques serait probablement bien accueilli par les marchés. Enfin, les produits de taux semblent moins porteurs que les actions. Néanmoins, les développements sur l’IA ou les débouclements de positions spéculatives sur les matières premières ou le Bitcoin doivent être encore surveillés.
Nous maintenons une opinion légèrement Surpondérer à court terme et conservons une note Surpondérer à moyen terme, sur les actions américaines, européennes, asiatiques et sud-américaines. Le contexte actuel reste propice au rattrapage des actions européennes.
Sur les produits de taux, nous gardons une note Neutre à court et moyen terme. Le crédit européen reste à Surpondérer à moyen terme ainsi qu’à court terme pour les obligations à haut rendement.
Lors de notre dernier comité d’allocation d’actifs fin janvier, nous avons abaissé le poids des actions de 51.9 % à 51.2 % (aux Etats-Unis et en Europe). Nous avons augmenté la part des produits de taux, ainsi que celle des liquidités et avons abaissé celle de l’or.