Nous adressons à tous nos lecteurs nos meilleurs Voeux !

En ce début d’année, les perspectives des marchés financiers restent favorables.

Au mois de décembre, les performances des Bourses mondiales exprimées en euro ont été mitigées. Les Bourses européennes ont à nouveau été les plus performantes (+2.6 %). Wall Street peine à retrouver sa première place, toujours impactée par les doutes sur le thème de l’intelligence artificielle. Sur les marchés obligataires, une hausse des taux assez limitée a été observée dans le monde. La robustesse de la croissance américaine a de nouveau surpris les investisseurs et la réunion de la Réserve fédérale de décembre a été plutôt bien accueillie, avec une baisse de taux de 0.25%. Sur le plan géopolitique, les négociations entre l’Ukraine et la Russie se sont intensifiées mais les concessions territoriales restent un obstacle majeur, tout comme le déploiement d’un contingent d’interposition européen. Nous n’avons pas modifié nos prévisions sur les indices et compte tenu de leurs niveaux actuels, le potentiel de hausse des indices est faible à 6 mois et d’environ 3 % à décembre 2026, pour l’instant. Il est donc préférable de continuer à mettre à profit les phases de doute pour se renforcer en actions en maximisant le couple rentabilité/risque. En ce début de l’année, il convient d’accompagner la dynamique haussière actuelle, d’autant que la plupart des indices ne sont toujours pas au plus haut. Il est fort possible que les marchés actions connaissent une hausse plus forte que nous ne le prévoyons au cours du premier semestre, avant de connaître une correction et de revenir à l’équilibre. Le contexte n’a pas changé depuis le mois dernier. L’environnement économique global n’est pas défavorable, les Banques centrales ne devraient pas non plus engendrer de vents contraires tant que l’inflation reste sous contrôle. Un cessez-le-feu en Ukraine serait probablement bien accueilli par les marchés. Enfin, les produits de taux semblent moins porteurs que les actions. Du fait des valorisations élevées aux Etats-Unis et de l’engouement extrême sur le thème de l’IA, les perspectives des marchés actions restent incertaines à plus long terme ce qui peut militer pour une certaine prudence. Mais il faut garder à l’esprit que la bulle peut continuer à se gonfler, amplifiant la performance au prix d’une volatilité accrue. Nous maintenons une opinion légèrement Surpondérer à court terme et conservons une note Surpondérer à moyen terme, sur les actions américaines, européennes, asiatiques et sud-américaines. Le début de l’année pourrait être propice à la poursuite de la tendance haussière des actions américaines et du rattrapage des actions européennes. Sur les produits de taux, nous gardons une note Neutre à court et moyen terme. Le crédit européen reste à Surpondérer à moyen terme ainsi qu’à court terme pour les obligations à haut rendement.

Au mois de décembre, les performances des Bourses mondiales exprimées en euro ont été mitigées. Les Bourses européennes ont à nouveau été les plus performantes (+2.6 %). Wall Street a fini en baisse, toujours impactée par les doutes sur le thème de l’intelligence artificielle et sur l’avenir de la politique monétaire en début de mois. La réunion de la Fed mi-décembre, bien accueillie par les marchés, a cependant permis de ré-inverser la tendance. La mauvaise performance en euro a été accrue par la baisse du dollar sur le mois. Les indices émergents se sont bien comportés. Sur les marchés obligataires, une hausse des taux assez limitée a été observée dans le monde.

Pour les actions, sur l’année et en euro, l’Europe réalise la meilleure performance, en moyenne à 16.3 %, suivi des pays émergents qui progressent en moyenne de 15.1%. Le Japon vient ensuite avec une performance de 7.7 % sur l’année et les Etats-Unis à 2.5%. Ces derniers ont donc sous-performé les autres zones mondiales, mais avec un écart très faible en devise locale.

La robustesse de la croissance américaine a de nouveau surpris les investisseurs. L’activité reste solide au troisième trimestre 2025 avec une progression du PIB de 4.3 % en rythme annualisé, nettement au-dessus des attentes, après déjà 3.8 % au deuxième trimestre. La demande intérieure américaine reste très solide, soutenue par la consommation des ménages et une accélération des dépenses publiques et privées autour de l’IA. Malgré les incertitudes, la confiance rebondit et la relance fiscale, assortie de nouvelles exemptions de taxes, devrait continuer de stimuler la croissance. Il convient néanmoins de rappeler que le shutdown n’a pas affecté l’activité du troisième trimestre mais qu’il pèsera certainement sur les statistiques du quatrième.
La zone euro affiche une dynamique moins soutenue que celle des États-Unis, mais elle fait preuve d’une résilience qui s’apparente à une normalisation et écarte les risques de rechute. L’activité a légèrement surpris à la hausse au T3 et au début du T4, mais elle s’est affaiblie sur le mois de décembre. C’est également le cas pour l’activité mondiale toutes zones confondues pour ce dernier mois.

La réunion de la Réserve fédérale de décembre a été plutôt bien accueillie, avec une baisse de taux de 0.25 %, largement anticipée, et surtout un ton de Jerome Powell moins restrictif qu’on aurait pu le craindre. La Fed a également annoncé la relance de ses achats d’actifs, à hauteur d’au moins 40 milliards de dollars par mois sur des bons du Trésor de courte maturité jusqu’en mai, afin de prévenir d’éventuelles tensions de liquidité. Ses prévisions macroéconomiques ont été révisées dans un sens plus favorable et dépassant celles du consensus, avec une croissance attendue à 2.3 % en 2026 contre 1.8 % auparavant, une inflation légèrement plus basse et un chômage stable autour de 4.4 %, ce qui dessine pour les marchés un scénario proche du « goldilocks », c’est-à-dire le scénario idéal, qui combine croissance soutenue et faible inflation. Malgré tout, des divergences sont apparues entre les membres du FOMC et les anticipations de baisses de taux pour 2026 se sont réduites. La Fed ne prévoit plus qu’une seule baisse de taux en 2026, contre deux pour le consensus. La suite de la politique monétaire dépendra étroitement des évolutions de l’emploi, de la croissance et de l’inflation. La vigueur de la croissance américaine complique la tâche de la Fed, qui devra sans doute rester prudente dans l’assouplissement de sa politique de taux. L’inflation a cependant marqué le pas, avec une surprise favorable en décembre, et si ce recul continuait, il offrirait une marge de manoeuvre supplémentaire à la Fed. Au-delà, le successeur de Jerome Powell à la tête de la banque centrale, qu’il s’agisse de Kevin Hassett ou de Kevin Warsh, devrait maintenir un biais globalement accommodant.

En zone euro, la BCE a revu à la hausse ses attentes d’inflation et de croissance pour 2026, enterrant les maigres espoirs d’une politique monétaire pro-active. Isabel Schnabel de la BCE a déclaré que les taux resteront probablement bas pendant un certain temps.

En France, le mois de décembre a été marqué par les différents votes relatifs au budget 2026, avec l’échec de son adoption par la commission mixte paritaire, ce qui a conduit à l’impossibilité de faire adopter le PLF 2026 dans le calendrier habituel. En parallèle, le PLFSS 2026 a bien été voté, ce qui a contribué à atténuer le risque politique perçu, malgré l’absence d’adoption formelle du budget de l’État pour 2026. Pour garantir la continuité des services publics et éviter toute rupture de financement, le Parlement a adopté à l’unanimité, le 23 décembre, une loi spéciale permettant de reconduire le budget 2025 jusqu’en janvier 2026, dans l’attente de la reprise des débats budgétaires et d’un nouveau compromis sur le PLF 2026.

Les discussions entre l’Ukraine et la Russie se sont intensifiées en fin d’année, avec un nouveau plan en 20 points adopté par Kiev et soutenu par les États-Unis. Malgré cela, aucun progrès majeur n’a été réalisé, les concessions territoriales restant un obstacle, la perspective d’un accord reste incertaine et le chemin vers la paix très fragile. Volodymyr Zelensky a évoqué la possibilité de soumettre ce plan à un référendum en Ukraine, afin de légitimer démocratiquement un éventuel compromis, y compris sur des sujets sensibles comme le statut de certaines régions de l’Est. Cette ouverture accroît théoriquement la probabilité d’un accord, même si elle comporte des risques politiques internes importants. L’annonce de ce cadre de négociation plus concret et la perspective, même lointaine, d’un cessez le feu ont contribué à soutenir les marchés actions de la région et, plus largement, les actifs européens, les investisseurs intégrant un scénario de risque géopolitique légèrement moins extrême. De son côté, le chancelier Merz s’est montré « relativement optimiste » quant au déroulement des discussions en cours. Une éventuelle signature d’accord en 2026 constituerait un soutien important pour les actions européennes en réduisant la prime de risque géopolitique qui pèse sur la région depuis 2022 et, en particulier, pour les secteurs les plus exposés au cycle économique.

Au cours du mois de décembre les tensions entre les Etats-Unis et le Venezuela se sont intensifiées et ont débouché, début 2026 sur une opération éclair ayant permis la capture de son président, Nicolás Maduro. Cette intervention s’inscrit explicitement dans sa nouvelle doctrine de sécurité, qui réactive, sous une forme radicalisée, la logique de la doctrine Monroe et vise à réaffirmer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental. Il n’y a toutefois eu quasiment aucune réaction de la part des marchés, qui semblaient anticiper une action imminente, tandis que l’impact mondial reste très limité. En revanche, cette opération envoie un signal beaucoup plus fort sur le plan géopolitique. Elle alimente les spéculations sur d’éventuelles prochaines cibles de la stratégie américaine, Donald Trump ayant publiquement évoqué ou menacé plusieurs pays de la région, comme Cuba, la Colombie, le Mexique, ainsi que des territoires stratégiques comme le Groenland, présenté comme crucial pour la sécurité et la compétition avec la Russie et la Chine. Le Groenland étant un territoire du Danemark, pays membre de l’OTAN, une attaque américaine serait beaucoup plus problématique mais semble beaucoup moins probable. Il semble bien plus vraisemblable que d’autres voies soient privilégiées, diplomatiques, économiques ou hybrides. Si, malgré tout, l’option militaire était retenue, cela remettrait en cause les fondements mêmes du traité de l’OTAN et affaiblirait profondément l’alliance. En théorie, si un pays membre de l’OTAN attaque un autre pays membre, les autres États doivent appliquer l’article 5 contre l’agresseur, en l’occurrence les États-Unis. Un tel scénario paraît politiquement inenvisageable et placerait les autres membres face à un dilemme majeur quant à la réaction à adopter.

Les inquiétudes liées au secteur de l’IA se sont nettement accrues au cours du mois, en particulier à la suite notamment des publications d’Oracle et de Broadcom. Oracle a déçu légèrement sur ses résultats et a de nouveau relevé ses dépenses d’investissement, prévoyant désormais près de 50 milliards de dollars, pour étendre massivement ses capacités de datacenters dédiés à l’IA. Cette stratégie alourdit l’endettement tandis que la visibilité reste fragile en raison d’un carnet de commandes concentré et d’un décalage marqué entre investissements et génération de cash. La situation est accentuée par les retards de mise en service de certains datacenters, liés à des pénuries de main-d’oeuvre, de matériel et de capacités énergétiques, ce qui souligne un risque structurel sur la capacité du secteur à déployer à temps les infrastructures nécessaires. Broadcom a publié de son côté des résultats très solides, avec une forte progression de son activité liée aux semi-conducteurs pour l’IA, mais a averti que ses marges pourraient se dégrader dans les prochains trimestres, sous l’effet d’un mix produit moins favorable et d’investissements plus lourds. Combinée aux tensions sur les capacités de production de datacenters, aux doutes sur la soutenabilité des niveaux de capex, aux incertitudes sur la demande finale et à la remontée récente des taux longs, cette perspective de pression sur les marges nourrit un climat de prudence accru sur l’ensemble du thème boursier de l’IA. Cette prudence n’a pourtant pas empêché les indices de franchir de nouveaux sommets, grâce notamment à la baisse des taux de la Fed, qui a contribué à limiter les inquiétudes en rappelant qu’en cas de mauvaise surprise la banque centrale resterait en soutien.

Nous n’avons pas modifié nos prévisions sur les indices et compte tenu de leurs niveaux actuels, le potentiel de hausse des indices est faible à 6 mois et d’environ 3 % à décembre 2026, pour l’instant. Il est donc préférable de continuer à mettre à profit les phases de doute pour se renforcer en maximisant le couple rentabilité/risque.

En ce début de l’année, il convient d’accompagner la dynamique haussière actuelle, d’autant que la plupart des indices ne sont toujours pas au plus haut. Il est fort possible que les marchés actions connaissent une hausse plus forte que nous ne le prévoyons au cours du premier semestre, avant de connaître une correction et de revenir à l’équilibre. Le contexte n’a pas changé depuis le mois dernier. L’environnement global n’est pas défavorable, en particulier aux Etats-Unis qui pourraient connaitre une risée de croissance, et même en Europe où l’activité peu dynamique reste résiliente. Les Banques centrales ne devraient pas non plus engendrer de vents contraires tant que l’inflation reste sous contrôle. Un cessez-le-feu en Ukraine serait probablement bien accueilli par les marchés. Enfin, les produits de taux semblent moins porteurs que les actions.

Du fait des valorisations élevées aux Etats-Unis et de l’engouement extrême sur le thème de l’IA, les perspectives des marchés actions restent incertaines à plus long terme ce qui peut militer pour une certaine prudence. Mais il faut garder à l’esprit que la bulle peut continuer à se gonfler, amplifiant la performance au prix d’une volatilité accrue.

Nous maintenons une opinion légèrement Surpondérer à court terme et conservons une note Surpondérer à moyen terme, sur les actions américaines, européennes, asiatiques et sud-américaines. Le début de l’année pourrait être propice à la poursuite de la tendance haussière des actions américaines et du rattrapage des actions européennes.

Au sein de ce dernier compartiment, quelques secteurs et certaines valeurs continuent d’afficher encore des retards et peuvent être privilégiés pour renforcer le poids des actions en Europe : la Santé, les valeurs du Luxe, des valeurs industrielles (aéronautique, matériel électrique) ou de l’Assurance. Au sein des secteurs très en vogue et au plus haut, il faut guetter des replis sur les Banques, les Services Publics ou les Produits de Base (métaux).

Sur les produits de taux, nous gardons une note Neutre à court et moyen terme. Le crédit européen reste à Surpondérer à moyen terme ainsi qu’à court terme pour les obligations à haut rendement.

Lors de notre dernier comité d’allocation d’actifs fin décembre, nous avons marginalement renforcé les actions (Japon et Emergents) de 51.2 % à 51.5 %. Nous avons également augmenté la part des produits de taux. En contrepartie nous avons réduit les liquidités et sicav monétaires.

Vincent GUENZI
Directeur de la Stratégie d’Investissement
Dorian FOULON
Gérant de portefeuille
 
Achevé de rédiger le 9 janvier 2026


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Cette page a été publiée le 12/01/2026