Après plusieurs semaines d’aggravation du conflit et de résistance iranienne, un accord de cessez-le-feu est intervenu mercredi 8 avril à l’issue d’un dernier ultimatum émis par Donald Trump. Cet arrêt des hostilités pour une période de 15 jours a d’abord constitué une très bonne nouvelle à court terme et a en partie justifié le soulagement observé sur les marchés. Le S&P 500 est en hausse de +3,56 % et le STOXX Europe 600 de +3,05 % sur la semaine. Pour autant, il ne signifiait pas que la sortie du conflit était acquise. En effet, les exigences formulées par l’Iran paraissaient difficilement acceptables tant elles touchaient à des enjeux stratégiques majeurs pour les États-Unis et Israël. Parmi les points les plus sensibles figuraient notamment la demande de compensations financières pour les dommages subis, ainsi que le maintien de la possibilité pour l’Iran de poursuivre l’enrichissement de l’uranium. Sur ces sujets, un compromis rapide paraissait incertain. Cette fragilité du processus diplomatique a été confirmée ce week-end par l’échec des négociations menées à Islamabad, alors même que les discussions semblaient avoir progressé de manière significative. Dans la foulée, les États-Unis ont annoncé la mise en place d’un blocus des ports iraniens, avec une entrée en vigueur prévue ce lundi à 16h00, dans le but explicite d’assécher les revenus pétroliers de Téhéran et d’accentuer la pression économique sur le régime. Cette décision marque un net durcissement du rapport de force et ravive les craintes d’escalade, compte tenu du rôle central des exportations d’hydrocarbures dans l’équilibre économique iranien. Elle pourrait toutefois accentuer la pression sur Téhéran et favoriser, à terme, l’émergence d’un compromis. De son côté, l’Iran a toutefois affirmé avoir été tout près d’un accord, ce qui laisse entendre qu’une issue négociée n’est pas totalement exclue à ce stade. Ces derniers développements font remonter les prix du pétrole ce lundi. Pour conclure, le cessez-le-feu doit désormais être interprété non comme une avancée décisive, mais comme une phase de désescalade encore très précaire, qui nécessitera de nouvelles concessions pour espérer déboucher sur un règlement plus durable du conflit. Cette semaine marque également le début de la saison des résultats du premier trimestre, un rendez-vous qui pourrait détourner en partie l’attention des marchés du conflit géopolitique.