Le contexte géopolitique s’est amélioré au cours du mois avec la signature d’un protocole d’accord entre l’Iran et les Etats-Unis, posant les bases de négociations pendant 60 jours. Toutefois, ces négociations restent tendues, notamment au sujet du nucléaire et de la liberté de passage dans le détroit d’Ormuz. De plus, elles sont entrecoupées d’escarmouches militaires. L’atténuation des risques et la perspective d’une réouverture du détroit ont permis néanmoins un fort recul des prix du pétrole et un repli des anticipations d’inflation. Par ailleurs, les grandes banques centrales demeurent plus prudentes sur ce chapitre comme l’attestent le relèvement des taux de la BCE et le durcissement du discours de la Fed. Parallèlement, les taux d’intérêt à 10 ans ont été orientés à la baisse, mais cette tendance semble s’inverser à nouveau du fait de l’incertitude entretenue par l’inflation, par les banques centrales et également par les besoins colossaux de financement des Etats et du secteur technologique. Les performances des Bourses mondiales exprimées en euro ont été très inégales. Certaines zones ont progressé, à l’image de l’Europe et du Japon. Aux Etats-Unis et dans les pays émergents, l’évolution a été négative du fait de prises de bénéfices dans le secteur des semi-conducteurs et des acteurs de l’IA après trois mois de hausse exceptionnelle. Pendant l’été, les marchés devraient rester attentifs aux évolutions du contexte géopolitique, de l’inflation, des positions des banques centrales et du comportement des bourses américaines. Malgré une détente de leur valorisation, les actions américaines et technologiques pourraient rester sous pression et laisser le champ libre au rebond des actions européennes. Depuis deux mois, nous n’étions plus systématiquement acheteurs d’actions et nous le restons aux cours actuels, notamment aux Etats-Unis. Il faut continuer à profiter des replis des indices, en particulier européens dans un premier temps, puis américains dans un deuxième temps, pour renforcer le poids des actions des portefeuilles encore sous-investis ou réaliser des arbitrages vers des valeurs délaissées. Nous avons relevé nos prévisions sur les indices européens et japonais pour fin décembre et juin 2027. Le potentiel d’appréciation des actions européennes et américaines à 6 mois et 12 mois est d’environ 3 % et 6 % respectivement. Nous conservons une opinion Neutre à court terme et Surpondérer à moyen terme sur les actions. A court terme, nous adoptons une légère sous-pondération sur les actions américaines et une légère surpondération sur les actions européennes et asiatiques. Nous maintenons une note Surpondérer à moyen terme sur les actions américaines, européennes et asiatiques. Sur les produits de taux, les tendances se sont stabilisées pendant deux mois mais l’orientation des taux longs pourrait devenir moins favorable. Aussi, nous gardons une opinion Neutre à court et moyen terme. Seules les obligations à haut rendement européennes restent notées Surpondérer à moyen terme.
Au mois de juin, les performances des Bourses mondiales exprimées en euro ont été très inégales. Le contexte géopolitique s’est amélioré avec la signature d’un accord-cadre entre l’Iran et les Etats-Unis, posant les bases de négociations pendant 60 jours. Ces négociations restent tendues, notamment au sujet du nucléaire et de la liberté de passage dans le détroit d’Ormuz. Elles sont entrecoupées d’escarmouches militaires. Cette détente relative a tout de même permis à certains indices actions de progresser, à l’image de l’Europe et du Japon. Aux Etats-Unis et dans les pays émergents, l’évolution a été négative du fait de prises de bénéfices dans le secteur des semi-conducteurs et des acteurs de l’IA après trois mois de très forte hausse. Parallèlement, les taux d’intérêt à 10 ans ont été orientés à la baisse, mais cette tendance semble s’inverser à nouveau du fait de l’incertitude entretenue par l’inflation, par les banques centrales et par les besoins colossaux de financement des Etats.
Aux Etats-Unis, l'économie a affiché une résilience relative, alimentée par une consommation des ménages toujours soutenue et ce, malgré un marché du travail qui commence à montrer des signes d’essoufflement. Après avoir puisé dans leur épargne, les ménages ont davantage recours à l’endettement car leur situation financière reste saine du fait de la hausse de leurs placements financiers et notamment boursiers. L’inflation reste le point délicat, avec une accélération à 4.2 % en glissement annuel en mai, son niveau le plus élevé depuis trois ans. L'inflation sous-jacente, à 2.9 %, est restée plus contenue, ce qui a tempéré légèrement l'inquiétude sur la diffusion générale de celle-ci. La baisse des prix du pétrole est bienvenue, mais le rythme de reflux de l’inflation reste sujet à caution. De plus, un autre sujet commence à être discuté, sans doute prématurément : celui d’une inflation générée par le développement de l’IA comme le montre la hausse des prix de l’électricité, des semi-conducteurs ainsi que des ordinateurs ou des téléphones…
En zone euro, le tableau est plus mitigé. La croissance du PIB reste faible mais les derniers indices des directeurs d’achat signalent une amorce de redressement de la conjoncture. Celle-ci a été contrainte jusqu’à présent par les tensions géopolitiques et le surcoût du choc pétrolier sur les ménages. Cependant les effets d’entraînement du plan de relance allemand devraient maintenant prendre le relais. Le reflux de l’inflation à 2.8 % contre 3.2 % en mai est un autre facteur positif.
Le mois de juin a été marqué par deux décisions de politique monétaire aux implications très différentes. La BCE a procédé le 11 juin à sa première hausse de taux depuis 2023, portant son taux de dépôt de 2 % à 2.25 %, dans un contexte d'inflation persistante et de choc d'offre énergétique. Cette décision, largement anticipée, a suscité des débats, certains économistes jugeant le resserrement prématuré face à une croissance aussi fragile, craignant une répétition de l'erreur de 2011. L'institution a néanmoins signalé qu'une deuxième hausse en septembre restait probable, en fonction de l’évolution des prix de l'énergie. L'annonce de l'accord irano-américain, intervenue dans la même semaine, a d'ailleurs alimenté l'espoir d'une accalmie durable sur le brut, susceptible d'inciter la BCE à marquer une pause après son premier resserrement. Côté américain, la première réunion du FOMC présidée par Kevin Warsh, le 18 juin, a confirmé le maintien des taux dans la fourchette 3.50 %-3.75 %, mais c'est la rupture de ton qui a retenu l'attention des marchés. Warsh a supprimé les objectifs de plein emploi du communiqué de la Fed, créé cinq groupes de travail pour revoir en profondeur la stratégie de l'institution et révisé les projections de taux en fin d’année à la hausse, signalant une posture résolument plus restrictive. Les marchés ont ajusté leurs anticipations en conséquence, intégrant une probabilité d’environ 43 % d'une hausse de 0.25 % d'ici décembre.
Après quatre mois de conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran, une déclaration préliminaire dite d'Islamabad a été annoncée le 18 juin sous l'égide du Pakistan, prévoyant un cessez-le-feu de 60 jours, une levée progressive du blocus naval américain, un allègement des sanctions et un dégel conditionnel des avoirs iraniens. L'accord-cadre a ensuite été signé électroniquement par Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian. Ces annonces ont provoqué une détente spectaculaire sur les marchés pétroliers, le Brent chutant d'environ 21 % sur le mois pour revenir de 94 dollars le baril début juin à 72 dollars en fin de période, dans l'anticipation d'une réouverture du détroit d'Ormuz et d'un retour progressif des exportations iraniennes. Certes, les navires ont pu emprunter le détroit sans péage après le cessez-le-feu mais l’Iran n’a pas renoncé définitivement à l’instauration d’un péage et les multiples reprises d’affrontement militaire ont maintenu la navigation dangereuse, plusieurs navires ayant été attaqués. Malgré ces escarmouches régulières, le canal diplomatique reste ouvert, signe d’une volonté de poursuivre des négociations dans un processus fragile. Pour les marchés financiers et l’économie, le juge de paix reste le prix du baril, dont les évolutions vont dépendre de l’issue des négociations, mais aussi des conditions techniques de remise en état des installations détruites et du rythme de reconstitution des stocks stratégiques. Il est ainsi difficile de prévoir la durée de l’impact inflationniste qui a été relativement modéré jusqu’à présent. Cela justifie la prudence actuelle des banques centrales.
Sur le mois, les marchés actions européens ont davantage progressé, portés par la détente géopolitique et l'espoir d'une normalisation des flux énergétiques. Ces mouvements, initiés à l'annonce du cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-Unis, ont eu pour conséquence une surperformance boursière notable de l'Europe par rapport aux Etats-Unis et aux pays émergents, les valeurs les plus pénalisées par le conflit rebondissant vivement dans le sillage de la baisse du pétrole. La rotation sectorielle, amorcée dès les premières annonces diplomatiques, s'est poursuivie au profit des secteurs délaissés pendant les mois de conflit, au détriment des valeurs refuges et des pétrolières.
Aux Etats-Unis, la dynamique a été plus compliquée avec la persistance des inquiétudes sur la rentabilité des investissements dans l’IA et une consolidation de l’indice S&P500 et du Nasdaq Composite après deux mois de performance boursière exceptionnelle. Pourtant, les fondamentaux du marché restent favorables avec de bons résultats d’entreprise et une dynamique de révision haussière des estimations de bénéfices, toujours portée par la thématique de l'intelligence artificielle. Cependant, il suffit qu'une publication soit simplement en ligne avec les attentes, et non au-dessus, pour faire dévisser le cours de bourse, à l'image de celle de Broadcom, ayant perdu plus de 20 % en 2 jours à la suite de résultats jugés décevants par le marché. L'événement boursier du mois a sans conteste été l'introduction en bourse de SpaceX le 12 juin sur le Nasdaq, la plus grande IPO de l'histoire des marchés financiers, avec une levée de 75 milliards de dollars et une valorisation initiale de près de 1 800 milliards. Le titre a progressé de 20 % dès sa première séance, portant sa capitalisation au-delà de 2 000 milliards et surpassant Tesla, Meta et Walmart. Cette opération a cristallisé l'appétit des investisseurs pour les grandes thématiques de croissance séculaire autour de l'espace, des satellites et de l'intelligence artificielle, tout en posant des questions sur la soutenabilité d’une valorisation déconnectée de la rentabilité immédiate, SpaceX ayant enregistré une perte de près de 5 milliards de dollars en 2025. Le réalisme a fini par s’imposer, les cours de bourse de la valeur revenant ces derniers jours au plus bas depuis son introduction. Celle-ci devrait être suivie d’autres, dont OpenAI et Anthropic, et une vague d’opérations de ce type pourrait parachever à moyen terme la constitution une bulle boursière.
Quelles perspectives pour les marchés financiers au second semestre ? La consolidation des indices américains n’a pas entraîné de repli généralisé des Bourses, ce qui est un signal positif. Les incertitudes actuelles tant géopolitiques qu’économiques et boursières ne sont pas une surprise. Les espoirs des investisseurs quant à l’arrêt du conflit avec l’Iran et le reflux de l’inflation semblent irrésistibles.
Le contexte actuel assez bénin peut perdurer (maintien du prix du baril, inflation inchangée) malgré des incertitudes passagères et, dans ce cas, les espoirs des investisseurs peuvent permettre une petite progression des marchés internationaux les plus en retard à la condition que les indices américains se stabilisent malgré de possibles prises de profit sur les valeurs technologiques. Ce scénario repose sur l’analyse que le détroit d’Ormuz finira par être accessible car Donald Trump n’a pas d’autre choix. Dans ce cas, une hausse des marchés actions de quelques pour cent est plausible, alimentée par l’amélioration de la conjoncture économique, des bénéfices des entreprises et par un calme relatif sur les marchés obligataires.
Une autre hypothèse encore plus positive serait une issue favorable et réelle du conflit d’ici à la fin de l’été. Les révisions haussières sur la croissance et les résultats, ainsi que les perspectives de baisse de l’inflation seraient de nature à accentuer la hausse des marchés européens et au moins d’une partie du marché américain, le secteur technologique continuant sa stabilisation globale. Cela dit, ce scénario se heurte à l’âpreté des négociateurs iraniens et à leurs prétentions maximalistes.
Inversement, le maintien de la situation géopolitique actuelle peut finir par décourager les investisseurs via des évolutions plus erratiques du prix du pétrole et des anticipations d’inflation qui remonteraient, sans compter un discours plus restrictif des banques centrales. La hausse des taux longs, qui en découlerait, alimenterait à nouveau un scénario de légère stagflation. Dans ce cas, il nous semble que tous les marchés pourraient connaître un recul assez limité, en Europe via les craintes sur la croissance et aux Etats-Unis par la poursuite d’une baisse des valorisations qui ne sont pas encore très attractives. Dans ce cas de figure, les actions américaines pourraient éventuellement surperformer si les valeurs de semi-conducteurs, dont l’indice vient de perdre plus de 17 %, rebondissaient et apportaient un soutien au reste du marché.
Le dernier cas de figure repose sur un repli plus soutenu du secteur technologique qui finirait par faire vaciller l’ensemble des marchés, sans entraîner un krach pour autant, car cela nous semble bien prématuré. Les catalyseurs sont connus et ont déjà été explicités ici. Il s’agit des craintes concernant ce secteur : surinvestissement, rentabilité trop lente à se concrétiser ou insuffisante, discours plus prudent d’un acteur majeur, ralentissement potentiel de la demande, difficulté de financement d’un acteur du secteur, hyper-concentration des actions de ces sociétés dans les indices, valorisation trop élevée, etc. Toutes ces incertitudes sont bien réelles mais il est difficile d’évaluer quand elles se concrétiseront. Nous pensons que la diffusion de l’intelligence artificielle n’est pas encore suffisante pour avoir atteint le stade terminal de maturité d’un cycle. Les investisseurs seraient donc prêts à racheter des actions en cas de recul et permettraient d’éviter une baisse substantielle.
En résumé, l’hypothèse la plus réaliste nous semble être celle de marchés plutôt hésitants, conservant leur allure haussière de moyen terme, avec un petit risque de correction modérée. Depuis deux mois, nous n’étions plus systématiquement acheteurs d’actions et nous le restons, notamment aux Etats-Unis. Il faut continuer à profiter des replis des indices, en particulier européens dans un premier temps, puis américains dans un deuxième temps, pour renforcer le poids des actions des portefeuilles encore sous-investis ou réaliser des arbitrages vers des valeurs délaissées.
Nous avons relevé nos prévisions sur les indices européens et japonais pour fin décembre et juin 2027. Le potentiel d’appréciation des actions européennes et américaines à 6 mois et 12 mois est d’environ 3 % et 6 % respectivement.
Nous conservons une opinion Neutre à court terme et Surpondérer à moyen terme sur les actions. A court terme, nous adoptons une légère sous-pondération sur les actions américaines et une légère surpondération sur les actions européennes et asiatiques. Nous maintenons une note Surpondérer à moyen terme sur les actions américaines, européennes et asiatiques.
Sur les produits de taux, les tendances se sont stabilisées pendant deux mois, mais l’orientation des taux longs pourrait devenir moins favorable. Aussi, nous gardons une opinion Neutre à court et moyen terme. Seules les obligations à haut rendement européennes restent notées Surpondérer à moyen terme.
Lors de notre dernier comité d’allocation d’actifs fin juin, nous avons marginalement relevé le poids des actions de 53.8 % à 54.3 % après l’avoir augmenté également le mois précédent. La hausse a porté sur les actions européennes et émergentes, la réduction sur celles des Etats-Unis et du Japon. En parallèle, la part des produits de taux a été rehaussée et celle des liquidités abaissée.