Revers politique pour Donald Trump et ses droits de douane...

Les Etats-Unis et l’Iran ont repris leurs discussions mardi dernier à Genève. Les deux pays se sont accordés sur des « principes directeurs » en vue d’un possible accord nucléaire. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également salué à la télévision d’Etat une réunion « plus constructive » que celle du 6 février à Oman. Si le ton des annonces du début de semaine paraissait positif, les derniers développements laissent désormais penser qu’une intervention militaire américaine en Iran constitue un risque non négligeable. Washington a d’abord renforcé ses moyens militaires dans la région, qui atteignent leur niveau le plus élevé depuis la guerre en Irak de 2003, ce qui renforce la crédibilité d’une option militaire. Jeudi dernier, Donald Trump a indiqué qu’il accordait à l’Iran un délai de 10 à 15 jours pour accepter ses conditions, en avertissant que de « mauvaises choses » pourraient se produire en cas de refus. Le président américain envisagerait une première frappe limitée, ciblée sur des installations iraniennes, afin d’inciter Téhéran à conclure un nouvel accord sur le nucléaire plutôt que de s’engager d’emblée dans un conflit ouvert. Sur les marchés, ce regain de tensions géopolitiques se traduit déjà par une remontée des prix du pétrole, le baril de Brent évoluant désormais autour de 72 dollars, à un plus haut depuis plusieurs mois. Pour le moment, les marchés actions ne réagissent que peu à ces évènements. La semaine dernière a également été publiée la première estimation de la croissance du PIB américain au quatrième trimestre, qui a ralenti à 1,4 % (contre 1,9 % attendu et 4,4 % au trimestre précédent), pénalisée par le shutdown. L’évènement majeur de la fin de semaine a été la décision de la Cour suprême américaine, qui a invalidé les tarifs douaniers réciproques de l’administration Trump, sans pour autant se prononcer sur le remboursement des droits déjà acquittés par les entreprises. Cela laisse entendre que ces dernières devront se battre, juridiquement et individuellement, pour obtenir un remboursement éventuel. Cette décision fragilise une partie de l’architecture économique de Trump, alors que demeurent de fortes incertitudes sur le financement des chèques de 2 000 dollars promis aux ménages et sur la pérennité d’une politique fiscale très favorable. Pour les sociétés françaises et européennes, il s’agit d’une nouvelle plutôt positive, avec un accès potentiellement moins coûteux au marché américain. Trump a riposté dans la foulée en imposant un nouveau droit de douane général de 10 %, mesure présentée comme nécessaire pour protéger l’industrie américaine et rééquilibrer des échanges jugés « injustes ». Dès le lendemain, ce droit a été relevé à 15 %. Parallèlement, il a menacé de lancer des enquêtes commerciales, susceptibles de fournir un fondement juridique à de nouvelles hausses ciblées de tarifs si elles étaient jugées nécessaires. Même si l’impact de cette décision reste encore difficile à mesurer, les marchés ont globalement considéré qu’elle était plutôt positive, ce qui a permis aux indices actions de terminer la semaine en hausse, avec un gain de 1,07 % pour le S&P 500 et de 2,08 % pour le STOXX Europe 600.

 

Dorian Foulon

Cette page a été publiée le 23/02/2026