Essayons d’y voir plus clair sur le conflit en Iran et son impact…

Depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran à la fin février, le conflit s’est rapidement imposé comme le principal facteur d’instabilité géopolitique et économique mondiale. L’offensive initiale des États‑Unis et d’Israël, ciblant les infrastructures militaires et nucléaires iraniennes, a entraîné en retour une série de frappes et de menaces de Téhéran contre les installations énergétiques de la région et surtout contre le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole et une part importante du GNL mondial. En quelques jours, plusieurs navires ont été endommagés, les assureurs ont fortement renchéri les primes ou suspendu leurs couvertures, ayant pour effet de stopper le trafic maritime dans cette zone, renchérissant les coûts logistiques. Ces perturbations ont propulsé le prix du Brent au‑delà de 110 dollars à ce stade, entraînant dans leur sillage une hausse des prix du gaz et des coûts du fret. Ce choc ravive les craintes d’un nouveau sursaut de l’inflation et d’un ralentissement de la croissance. Pour l’instant, son impact resterait toutefois limité tant que le conflit ne s’inscrit pas dans la durée. On peut considérer que si les hostilités durent moins de deux mois et que les prix des matières premières refluent rapidement par la suite, les conséquences macroéconomiques devraient rester contenues. En revanche, un conflit qui se prolongerait au‑delà de ce seuil, avec des perturbations persistantes de l’offre énergétique et des infrastructures pétrolières et gazières, pourrait finir par produire des effets franchement récessifs. C’est tout l’enjeu de cette guerre, dont on connaît le point de départ mais pas l’issue ni la durée. On observe malheureusement une intensification des frappes sur les installations gazières et pétrolières, lesquelles ont provoqué des destructions qui nécessiteront plusieurs mois, voire plusieurs années, pour être réparées ou reconstruites. Cette évolution renforce progressivement le risque d’un impact durable sur l’économie et, par conséquent, sur les marchés. La réaction des banques centrales sera également déterminante. Elles demeurent pour l’instant en position d’attente, mais les marchés repoussent déjà le calendrier des prochaines baisses de taux et commencent même à intégrer un risque de remontée des taux directeurs, en particulier du côté de la BCE. Pour le moment les marchés européens ont fortement réagi alors que la bourse américaine semble plus immune, grâce à sa position exportatrice en énergie. Cela s’est de nouveau vérifié la semaine dernière, avec un STOXX Europe 600 en repli de 3,79 %, tandis que le S&P 500 a un peu mieux résisté, limitant sa baisse à 1,90 % sur la semaine.

Dorian Foulon

Cette page a été publiée le 23/03/2026