Comme si de rien n’était…

Malgré l’incertitude engendrée par les tarifs douaniers, les principales places boursières américaines affichent des gains hebdomadaires portées par 1/ le bon début de la saison des résultats trimestriels des entreprises, 2/ la résilience de la conjoncture américaine, illustrée par la bonne tenue des ventes aux détail au mois de juin et 3/ l’appel par certains membres de la Réserve fédérale à une baisse de 25 points de base des taux directeurs lors de la prochaine réunion afin d’anticiper un ralentissement du marché de l’emploi sans compter les polémiques autour d’un éventuel départ de Jerome Powell sous la pression de Donald Trump, favorables à une inflexion plus rapide de la politique monétaire. Ce dernier intensifie également la pression sur ses partenaires commerciaux afin d’accélérer les accords et a fixé désormais le 1er août comme date butoir pour les négociations. Pointée du doigt, l'Union européenne tente d’obtenir des concessions sur les secteurs économiques clés tels que l’automobile ou la pharmacie. Si les discussions échouent à l'issue de cette échéance, un retour de la volatilité sur les marchés est fort probable. A l’inverse, un accord constituerait un signal positif pour l’économie de la zone et l’absence de riposte européenne aux droits de douane américains éviterait des risques haussiers sur l'inflation, ce qui ouvrirait la voie à une dernière baisse des taux directeurs de la BCE qui se réunit cette semaine. En l’état, les investisseurs semblent privilégier ce scénario puisque l’appétit pour le risque continue de progresser et que la volatilité se normalise. Mais comme la semaine dernière, la hausse des indices est principalement attribuable aux Etats-Unis, et notamment aux valeurs technologiques et à l'optimisme croissant des investisseurs à l'égard du programme économique de Donald Trump. En revanche, l’Europe marque encore le pas. Une relative complaisance s’est finalement installée, ignorant le sentiment d’une montée des risques, notamment le ralentissement de la croissance au deuxième semestre, qui renforce l’idée d’opter pour un positionnement plus prudent sur les marchés…

Michel Douin

Cette page a été publiée le 21/07/2025